• « La ville est un milieu où l’on rencontre des inconnus. » Richard Sennet

    Au delà des opérations pilotes, des rénovations spectaculaires des centres anciens et de la mise en œuvre "d’écoquartiers" sensés résoudre tous les maux de la ville, il est essentiel de penser la ville du quotidien.

    Il est nécessaire d’inventer des stratégies d’accompagnement du mouvement plutôt que de se limiter à des opérations planifiées, lourdes et parfois inadaptées.

    Mais, le grand oublié de la ville-territoire qui est la nôtre, de cette ville hypertexte (Asher 2009), c’est l’entre deux, l’entre ville (Sieverts 2004), l’entre les choses construites.

    Il est essentiel de redonner de la valeur à notre espace commun partout, jusqu’aux confins les plus éloignés de la ville diffuse, de se refuser à toute hiérarchie entre les lieux.

    Être soucieux de tous les lieux, nous oblige à une autre manière de s’occuper de ces espaces, moins coûteuse, moins « aménageuse », ce qui ne veut pas dire moins attentive et responsable.

    La ville est d’abord ce que nous en faisons. Tous nos actes quotidiens, toutes les politiques publiques (de la gestion des écoles, à celle de la culture ou du sport) concourent à faire la ville de demain. Il est, selon nous, indispensable de passer d’une politique des espaces publics à une politique de l’espace public.
    L’espace public au singulier c’est, au-delà des aménagements urbains, la question du vivre et agir ensemble qui est posé.

    C’est cet objectif, d’une ville vivable, bien plus que l’application de recettes techniques relookées à la mode environnementale, qui peut nous faire espérer une ville « durable ».