Pierre Roca d’Huyteza

De Sciences Po au paysage…,
la volonté de croiser les regards

Son par­cours, qui le mène des études socio-éco­no­miques au pay­sage en pas­sant par l’architecture ; de la maî­trise d’ouvrage à la maî­trise d’œuvre, est mar­qué par la volon­té constante de décloi­son­ner les com­pé­tences et de par­ta­ger les savoirs et les pra­tiques pro­fes­sion­nelles afin de défendre une vision holis­tique et col­la­bo­ra­tive du pro­jet urbain de l’urbanisme à l’architecture, de l’histoire au pay­sage, il n’a de cesse de croi­ser les approches avec un angle d’entrée pré­fé­ren­tiel, celui de l’Espace Public.

Diplô­mé de Sciences Po Paris en for­ma­tion ini­tiale, il com­mence sa vie pro­fes­sion­nelle sur des pro­jets de déve­lop­pe­ment de l’OREAM de Nantes et à la Fon­da­tion Inter­na­tio­nale pour le Déve­lop­pe­ment au Séné­gal. Après un mas­ter en urba­nisme, il tra­vaille à l’agence d’urbanisme de Nou­méa sur l’élaboration du Livre Blanc de l’agglomération pour les études rela­tives à l’habitat et à l’économie. Reve­nu à Paris, il est durant six années res­pon­sable de pro­gramme de construc­tion et d’aménagement au sein de la Socié­té d’Économie Mixte du dépar­te­ment de la Seine Saint Denis (Sequa­no, ex-Sode­dat93). Il y a acquis une solide expé­rience en mon­tages pro­gram­ma­tiques, juri­diques et finan­ciers qui lui per­met aujourd’hui d’assister les élus dans leur stra­té­gie opé­ra­tion­nelle. Convain­cu que l’urbanisme implique de se pen­cher éga­le­ment sur les ques­tions for­melles, il reprend des études d’architecture à l’École de Paris La Vil­lette. Il est diplô­mé en 1997 avec les féli­ci­ta­tions du jury pré­si­dé par Bru­no Gau­din. Il devient, cette même année, res­pon­sable du ser­vice amé­na­ge­ment de la Ville de Bayonne avant de rejoindre la Com­mu­nau­té d’Agglomération de Bayonne-Anglet- Biar­ritz.

Convain­cu de l’importance de créer des pas­se­relles entre mai­trise d’œuvre et mai­trise d’ouvrage, et de l’intérêt d’expérimenter les deux volets de cette dis­ci­pline, il créé l’agence d’architecture, d’urbanisme et de pay­sage d’une ville à l’autre… en 2002.

L’agence tra­vaille sur toutes les dimen­sions de l’aménagement urbain, des études de pla­ni­fi­ca­tion à la maî­trise d’œuvre, en pas­sant par l’architecture et les pro­jets de quar­tier. À toutes ces échelles et dans toutes ces mis­sions, son approche met la ques­tion de l’espace public au cœur des réflexions.

Très vite, il mène une acti­vi­té d’enseignement en paral­lèle d’abord à l’École d’Architecture de Paris la Vil­lette puis, auprès des élèves ingé­nieurs de l’INSA Tou­louse, avec l’intention de par­ti­ci­per à renouer le dia­logue inter­rom­pu entre archi­tecte et ingé­nieurs. Res­pon­sable de l’équipe péda­go­gique en charge de l’atelier pro­jet urbain, il déve­loppe éga­le­ment un cours d’histoire de l’espace public. Il inter­vient aus­si à l’École des Ponts – Chaillot dans la for­ma­tion auprès des Archi­tectes urba­nistes de l’État et des Archi­tectes des Bâti­ments de France.

En 2016, cette pré­oc­cu­pa­tion de créer du lien entre les dis­ci­plines l’amène à créer le sémi­naire Espace(s) Public (s) à Sciences Po Tou­louse. Ce sémi­naire réunit chaque année les meilleurs spé­cia­listes de l’espace public, qui est abor­dé par le prisme de huit regards (le phi­lo­sophe, l’artiste, le poli­tique, le géo­graphe et socio­logue, le tech­ni­cien, l’architecte, le pay­sa­giste). 

Au sein de l’agence, il s’intéresse de plus en plus aux enjeux du pay­sage et à la concep­tion des jar­dins qui com­plète son regard d’architecte et d’urbaniste.

Il s’engage aus­si dans le monde asso­cia­tif, au tra­vers l’APUMP (asso­cia­tion des urba­nistes Midi-Pyré­nées) dont il sera vice-pré­sident. Il est notam­ment à l’initiative du forum bian­nuel « Échanges urbains ». Cette ren­contre qui accueille tous les deux ans, 500 par­ti­ci­pants, autour de 40 pro­jets urbains choi­sis dans le Grand Sud pour leur contri­bu­tion au débat public, est deve­nu un lieu de débats impor­tants.

Depuis 2018, il est Archi­tecte Conseil de l’État dans le dépar­te­ment des Hauts-de-Seine. Ce tra­vail l’amène à appro­fon­dir sa réflexion sur le rôle de l’État et des col­lec­ti­vi­tés locales dans la gou­ver­nance de la ville de demain.