Rome La ville espiègle

10 avril 2010

Luther ne supportait pas sa légèreté et Charles Quint l’a mise à sac (Chastel, 1984).
On les comprend. Cette ville agace par sa légèreté. Au nom de la beauté, au nom de la culture, elle s’est toujours crue tout permis.
Revenir à Rome est toujours une expérience édifiante tant elle n’a aucune rivale possible.
Un tel maelstrom, entassements d’objets, d’architectures, d’histoires.
On regrette juste que l’histoire semble s’être arrêtée dans les années 30 et que, depuis, le temps semble avoir suspendu son cours.
Hausmann a fait la démonstration pitoyable que le « même type » de plan donné à des ingénieurs ne produit aucun des effets que ceux réussis par les papes dépravés de Rome et leurs architectes.
Rome n’est jamais là où on l’attend.
L’obélisque est toujours légèrement décalé. Rien n’est jamais dans l’axe. Une surprise attend toujours au coin de la rue ou au sommet de la colline. Les espaces s’évasent, se dilatent. On franchit en permanence des seuils, des passages.
On se retrouve tel Rimbaud, à courir à travers les rues, comme un mendiant sur les quais de marbre, chassant l’aube qui fuit parmi les clochers et les dômes.