• Toulouse La leçon de Busquets mercredi 1er janvier 2014

    le 1er Janvier 2014

    Les premiers espaces du plan Busquets commencent à prendre forme : rue Pargaminières, rue Valade, place de la Daurade .

    Les premiers espaces partagés de Toulouse. La voiture passe et doit se faufiler entre des chaises, quelques arbres … posés avec une négligence savante.

    A Toulouse, la route fut particulièrement longue pour accepter une remise en cause de la suprématie de l’automobile, pour redonner des espaces spacieux aux piétons dégagés de tous les éléments qui l’encombraient.

    Il fallait par ailleurs l’assurance d’un vieux routier de l’espace public pour se positionner avec tant de discrétion dans les aménagements proposés.

    Loin des projets trop sophistiqués, le travail de Busquets , tout en retenu, se cache dans les détails .
    Je prendrai juste un exemple : celui du choix des matériaux.
    Depuis une décennie toutes les rues de Toulouse se font dans des dalles de porphyre "lie de vin" associées à des bandes de pavés « à l’ancienne » où se mélangent au rouge, des beiges et des gris.
    Le choix était contestable tant cette dominante rouge se marie mal avec la complexité des couleurs de la brique.
    Depuis quelques années, chaque maître d’œuvre a pris l’habitude de changer de matériaux sur chaque projet : la rue Alsace qui était saumon au concours a fini en noir et rouge façon stade toulousain, le tramway s’est fait en blond et les trottoirs en granit + enrobés , le Pont Neuf en granit gris et Saint Cyprien en rose, …etc
    Joan Busquet s’est probablement posé la question suivante : comment s’inscrire dans la continuité de l’existant tout en essayant de lui redonner une image plus contemporaine et une tonalité plus sobre ?
    Le choix de ne garder que le mélange rouge-beige-gris associé à une coupe contemporaine des dalles a permis de résoudre cette équation difficile.
    Une très grande discrétion qui est la preuve d’une grande maîtrise.
    Le reste de la ville attend avec impatience la même attention.


    > Voir Toulouse, l’enjeu de l’entre-deux
    > Voir aussi Lyon le prix de la continuité, Evora le sol d’Evora, Los Angeles le sol américain

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    Toulouse L’enjeu de l’entre deux jeudi 18 juillet 2013

    le 18 juillet 2013

    Les conversations urbaines lancées par Jacques Torres à l’APUMP sont l’occasion d’attirer l’attention sur tous ces lieux qui semblent considérés comme des espaces de second ordre et se poser une question importante : doit-on hiérarchiser autant le traitement de l’espace ?
    Le centre-ville fait l’objet d’aménagements très qualitatifs. Parfois un peu trop sophistiqués, ils s’inscrivent, depuis l’arrivée de Joan Busquet, dans une démarche à la fois sobre et très soignée dans le détail.
    Ailleurs, les espaces publics sont aménagés avec très peu de moyens et surtout aucun maître d’œuvre pour en assurer la cohérence et la qualité des détails de mise en œuvre.
    Pourtant beaucoup de ces lieux accueillent chaque jour beaucoup de monde.
    Du secteur Gramont-Argoulet à la Cépière en passant par le nœud d’inter modalité lourde des Arênes, de Basso Cambo aux cœurs de quartiers (Patte d’Oie, Saint Exupéry, Croix de Pierre, Barrière de Paris …), la liste est longue de ces espaces qui pourraient passer du statut de « lieu où l’on passe « à celui de « lieux où l’on s’arrête ».
    Moins qu’une question de moyens c’est d’abord la nécessité d’un changement de regard que cela implique.


    > Voir aussi Toulouse, la leçon de Busquet, Toulouse. trouver les effets de levier

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    Toulouse Trouver les effets de levier lundi 6 mai 2013

    le 6 Mai 2013

    Toulouse doit rattraper des décennies de retard en matière d’espace public.
    La municipalité s’est engagée sur des travaux importants en centre-ville.
    Parallèlement beaucoup d’argent a été dépensés dans le reste du territoire sans que les aménagements ne donnent pour autant le sentiment d’une amélioration profonde du cadre de vie : l’entrée du quartier à la Cépière, les allées de Barcelone ou la place des Oliviers en sont quelques illustrations.
    Compte tenu des finances limitées de la ville, comment arriver à donner le sentiment que les choses peuvent changer plus vite partout et notamment dans les quartiers ?
    La réponse passe selon moi par la nécessité de se poser la question en termes d’effets de levier.
    Comment avoir plus d’impact à même niveau d’investissement ?
    Un premier axe est d’arriver à réaliser sans tarder un guide de l’espace public qui soit beaucoup plus condensé qu’aujourd’hui et donne clairement une ligne de conduite en matière de matériaux et de détails de réalisation. Quand on voit la multiplicité des traitements actuels ( du tram au pont neuf, de la rue Alsace à la place des Oliviers ) , il est évident que ce travail reste à faire.
    Le deuxième est de considérer que tous les aménagements réalisés ne nécessitent peut être pas le même niveau de matériaux mais le même niveau de qualité dans les détails. Cela nécessite d’étendre la logique de chefs de projet + des missions de maîtrise d’œuvre complète au sein de chaque pôle. Pour y arriver cela implique de mettre fin aux appels à concurrence low coast pour ce type d’aménagement et d’assurer des niveaux de mission à taux équivalent partout dans la ville.
    Le troisième est de lancer une réflexion sur tous les aménagements qui pourraient changer les lieux rapidement sans attendre des investissements lourds. Quelques exemples : des interventions ponctuelles dans l’espace (comme ce fut le cas de l’habillage des stations de métros), l’aménagement de petits "coins" abandonnés ( cf l’expérience de St Etienne ) , la recherche de lieux clefs ( par exemple ouvrir une ou deux percées dans la digue des Amidonniers pour donner accès aux berges,… )
    Le coût d’une telle politique aurait peut-être pour conséquence de contracter de 10 à 20%le volume des travaux mais elle permettrait que tous les aménagements aient un impact beaucoup plus fort sur notre espace du quotidien


    > Voir aussi Toulouse, l’enjeu de l’entre deux

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    Toulouse Le désordre urbain comme support de projet ? lundi 5 novembre 2012

    le 5 Novembre 2012

    Toulouse n’a pas connu une phase d’expansion soutenu au XIX et est restée cette ville de maisons basse qui s’égrenaient le long des axes.
    La réaction dès les années 50 à ce « conservatisme » a amené à des interventions aussi brutales que spectaculaires des allées Jean Jaurès aux Arènes en passant par les Allées Charles de Fitte.
    D’autres, aux dimensions plus raisonnables ont permis, malgré une architecture souvent sommaire, de structurer plusieurs axes et carrefours importants.
    Puis est venu, la douce torpeur de l’époque Baudis où l’on a cru panser les plaies par une architecture néo régionale qui s’est paradoxalement accompagnée d’un souci très limité vis-à-vis de l’espace public et une complexification artificielle des formes.
    Depuis quelques années, on voit émerger des projets de meilleure tenue et l’on commence à s’apercevoir que cette architecture postmoderne des années 80.90 nous a menée dans une impasse.
    Peut-être est-il temps aujourd’hui de relire ce siècle d’histoire avec un regard moins nostalgique et plus tourné vers l’avenir.
    Abandonner définitivement la vision de Toulouse ramenée à ces vieilles toulousaines et prendre acte que ce qui la caractérise est justement un « désordre urbain » particulièrement fort.
    Voir que ce désordre peut devenir support de projet et peut-nous amener à retrouver goût à une architecture audacieuse, inventive, parfois ludique qui viendrait redonner de la vitalité dans des tissus urbains fatigués de 25 ans de médiocrité.
    Repenser surtout comment le lien entre les bâtiments et la ville peut être réparé partout où c’est possible.

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    Toulouse La ville qui ne s’est pas vu grandir jeudi 11 février 2010

    le 2 décembre 2009

    Toulouse c’est l’histoire d’une ville qui se pense encore comme une petite capitale de province tranquille au moment où elle a pris un essor phénoménal.
    Sans paysage fort et sans autre point d’accroche symbolique que le triangle Saint Sernin. Jacobins. La Dalbade, elle, garde encore la chanson de Nougaro comme point de ralliement symbolique.
    Je ne sais pas s’il existe d’autres métropoles où ce décalage entre l’image des habitants et si différente de la réalité de la ville.
    On pourrait sourire de ce refus de se voir grandir qui pourrait être une coquetterie sympathique si elle n’avait pas eu au final de graves conséquences.
    Depuis 30 ans, centrés sur le cœur historique, les élus ont laissé la ville se développer sans se soucier de donner un peu de consistance au squelette qui accueillaient se développement.
    Encore aujourd’hui, les attentions restent étrangement centrées sur le cœur historique.
    La ville rose se retrouve aujourd’hui avec des extensions urbaines qui sont loin d’être roses tant elles se sont développées sans pensée et sans structure urbaine suffisante et sans espaces publics de qualités.
    Lorsqu’il n’y aura plus les moyens de réaliser des aménagements dispendieux nécessaires au maintien de cette mobilité (comme le passage à 3 voies de l’autoroute), et qu’il sera plus possible de s’évader aussi facilement de cette agglomération, l’ensemble des habitants devra - comme les exclus de la mobilité d’aujourd’hui – apprendre à vivre dans cette agglomération où l’évasion au seuil de sa porte n’est pas possible.
    L’avenir de la ville rose et loin d’être rose.

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    Toulouse L’urgence de l’espace public vendredi 2 janvier 2009

    le 2 janvier 2008

    Toulouse est souvent en tête des palmarès de la qualité de vie.
    On peut se demander si la qualité de ces résultats n’est pas lié surtout à la possibilité offerte à ceux qui en ont les moyens de partir encore facilement de cette agglomération vers la mer, la montagne ou les abords de la montagne noire. Pour combien de temps encore ?
    Car, le jour où il ne sera plus possible d’en sortir facilement, il faudra regarder les choses en face : où peut-on s’évader à l’intérieur de l’agglomération ?
    Excepté les abords du canal du Midi à partir du Port Saint Sauveur, difficile de trouver un itinéraire de réelle qualité pour aller courir une heure ou deux.
    Où est notre canal de la Rote ? La promenade sur le canal latéral des Pont Jumeaux à Grisolles, coincée entre autoroutes, zones d’activités et lotissement est juste sinistre.
    Où sont les kilomètres de bords de Rhône qui se poursuivent dans des contrées presque sauvages comme à Lyon ou sur les bords de l’Erdre à Nantes ? Passée la vue traditionnelle face à l’hôtel Dieu, le reste tient du parcours du combattant. La ballade sur les digues en béton dans un paysage incertain se prolonge dans un no man’s land improbable qui vient buter rapidement sur des zones d’activités.
    Où est notre parc de la tête d’Or ? Le jardin des plantes implose sous l’affluence.
    Où sont nos petites places de quartiers comme à Anvers ? Passé le centre, pas un quartier n’offre de lieux où aller boire un verre dans une ambiance un peu urbaine.
    Où sont nos petits squares du quotidien comme à Paris ? Bien des secteurs de la ville n’ont pas un petit lieu un peu tranquille où sortir une poussette.
    Où sont nos beaux boulevards comme à Aix en Provence ? Nos boulevards circulaires restent encore des plus tristounets et isolent toujours le centre de ses faubourgs.
    Où sont nos piscines naturelles au milieu des bois comme à Rotterdam ou à Berlin ? La base de Sesquière ou celle de la Ramée ne nous transportent pas vraiment hors de la ville.
    Où sont nos parcours de bus en pleine nature comme à Helsinki ? Le BHNS nous amène à Fonsegrives dans une ambiance des plus banales.
    Où sont nos pistes cyclables confortables et continues comme à Copenhague ? Les nôtres tiennent du gymkhana permanent.
    Où sont nos rues confortables et traitées avec cohérence comme à Barcelone ? Nous zigzaguons au milieu des potelets dans des rues aux traitements disparates
    Où sont nos grands ensembles pleins de verdure comme à Augustenbörg ? Les nôtres se contentent de petites résidentialisations à la petite semaine.
    Où est notre tramway qui met en valeur la ville historique comme à Bordeaux ? Le métro n’a donné lieu à aucune restructuration en profondeur de notre centre ancien.
    Où sont nos belles entrées de ville comme à Pau ou même à Montpellier Millénaire ?
    Où sont nos zones commerciales paysagères comme à Nîmes Ville Active ? de Purpan à Portet, toujours les mêmes espaces emmêlés et sans attraits.
    Où sont nos friches de la Belle de Mai ou du Lieu Unique ? En périphérie, les lieux alternatifs restent fermés sur eux-mêmes.
    Où sont nos cinémas dans des lieux magiques comme à Duisbourg ? L’Utopia de Tournefeuille est à l’urbanisme ce que les choristes sont au cinéma.
    Où sont nos grands parcs périphériques comme à Anvers ? Celui des Argoulets coincé contre la rocade et parsemé d’équipements enfermés dans leur barrière qui le fractionne.

    Oui décidément, l’espace public doit être la priorité des politiques publiques de ces prochaines années.

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    Comment travailler un site faible dimanche 13 janvier 2008

    Toulouse n’a pas la mer du Frioul ni les montagnes de l’Estaque. Toulouse n’a pas ses trois collines et sa presqu’île. Toulouse n’a pas une immense façade XVIIIème s’étalant le long de sa Garonne. Toulouse n’a pas les grandes usines de la Vallée de la Ruhr. Toulouse n’a pas la noirceur de Bilbao, la monumentalité de Hamburg. Toulouse n’a pas le plan Cerda. Toulouse n’a pas d’Histoire majeure à laquelle se raccrocher ou alors il faut remonter jusqu’à Simon de Montfort.

    Un petit centre et des platitudes géographiques et architecturales : Toulouse, à l’ère des aires urbaines, doit faire avec un "site faible".

    Que faire de cette aire urbaine un peu "molle" qui ne pourra pas indéfiniment se raccrocher à son unique centre ancien comme on se raccroche à une bouée dans un nauvrage.

    La situation est celle ci, elle doit faire avec.

    Tout l’enjeu est d’arriver demain à faire surgir une personnalité forte d’un site faible.