• Vallée de Chur Les ingénieurs aussi aiment leur territoire mercredi 8 janvier 2014

    Nous sommes partis comme beaucoup de groupies sur les pas de Peter Zunthor dans un jeu de piste qui nous a menés de projet en projet à travers la montagne avant de terminer dans le village d’Haldenstein où se trouve encore son agence.

    Au final nous avons tout « trouvé », de la chapelle Saint Benedict aux thermes de vals en passant par la maison accrochée à la montagne ou l’extension du musée de Chur.

    Une œuvre étonnamment associée à son territoire.

    Mais au-delà du travail de Zunthor, c’est l’ensemble des constructions qui semblent obéir à une sorte d’exigence, de modernité simple associée au souci du bien construire et du respect des sites qui font de cette vallée un moment de cohabitation entre nature, habitat traditionnel et constructions contemporaines.

    Mais au-delà du travail des architectes, et c’est ici que les choses touchent à l’exception, celui des ingénieurs des routes obéit également à ce même souci de respecter les lieux.

    Tous les travaux de terrassements, les murs de soutènements ou les ouvrages d’art sont étudiés finement pour coller au plus près du nivellement, s’ajuster aux modelés du terrain, se fondre dans le paysage.

    Ils sont réalisés avec soin avec souvent un souci de la mise en œuvre du béton qui surprend.

    Il est bien rare de voir des lieux où tous les acteurs de l’aménagement semblent aller dans le même sens et où les architectes ne sont pas là pour se distinguer mais s’inscrivent dans une vrai dynamique collective.

    Attachement à leur territoire ? Formation commune au sein des écoles (comme le Polytechnique de Lausanne) ? Positionnement des architectes comme des maîtres d’œuvre parmi d’autres et non des concepteurs au-dessus du lot ?

    Dans tous les cas, la démonstration laisse sans voix.


    > Voir aussi Helsinki, l’attention aux lieux

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  • Drachten Où sont nos vieux et nos handicapés ? dimanche 28 juin 2009

    Nous sommes donc là dans cette ville improbable et décidons d’aller boire un verre en ville.
    Peut-on parler de ville dans ces espaces informes où l’on a juste déroulé un vaste tapis de briquettes qui ondule mollement pour raccorder tous les seuils des immeubles ?
    Au soleil, nous rêvons à "nos" villes qui, de Tolède à San Giminiano nous apprennent de mille ans d’art urbain la beauté des emmarchements, des failles, des ruptures, des effets de seuils et des mises en scène qui font briller nos yeux d’urbanistes.

    Puis soudain, une femme en déambulateur. Une chaise roulante.
    Un vieillard en tricycle.

    Les apparitions s’accélèrent.

    Comme des lutins.

    Alors une première question nous vient : est-ce les vieux et les handicapés ont immigré de l’Europe entière vers Drachten ?
    Puis ayant dû nous résoudre à y répondre par la négative, une deuxième : où sont chez nous les vieux et les handicapés ? Devant leur télévision faute de pouvoir descendre marcher en ville sans l’aide d’une assistante ?
    Question plus que sérieuse quand on pense que les vieux et les handicapés sont, avec les enfants, les pauvres et les skateurs les seules à pouvoir venir faire vivre nos espaces publics désertés par les actifs !
    > Voir aussi espace public, espace des exclus

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  • La ville qui impose le mouvement vendredi 18 avril 2014

    La ville qui impose le mouvement

    Le Corbusier trouvait qu’à New York les gratte-ciel étaient trop petits (New York Herald Tribune 22 octobre 1935)
    Si on avait demandé l’avis du baron Hausmann, il aurait plutôt souligné la petitesse des rues au regard des immeubles qui les bordent et surtout l’exiguïté des trottoirs.
    Rien n’est fait pour s’arrêter.
    Même les mendiants ont du mal à trouver des coins pour s’implanter si ce n’est sous terre !
    Tous au coude à coude avec une seule possibilité : avancer.
    Avancer, sans aucune possibilité de repli dans l’épaisseur de la ville.
    Les « blocs », très peu larges, sans profondeur ne permettent guère d’entrer à l’intérieur chercher une petite venelle ou une impasse un peu tranquille.
    Une ville sans porosité, sans espaces de retrait.
    Une ville qui impose le mouvement.

  • Changer rapidement l’espace public, l’exemple des quais rive gauche mardi 10 juin 2014

    Paris Austerlitz- Meudon en vélib.
    Je n’ai pas retrouvé Hélène et toute sa petite famille mais j’ai pu constater que désormais cela passait ! Exceptée une petite rupture au droit de la place Dauphine, on peut longer la Seine d’Austerlitz à Billancourt ou presque.
    Le pari a été réussi dans des délais très rapides par le choix d’aménagement « provisoires - événementiels » – sur les quais rive gauche.
    Ces travaux (un peu de peintures aux sols, quelques bungalows, deux trois jeux …) sont très sommaires mais bien « pensés ». Ils sont simples mais avec une vraie personnalité. Sans toucher à la structure de ces ex-voiries routières, ils en changent pourtant radicalement le statut.
    Cette réalisation en direct par les services de la Ville mérite d’être saluée .
    Encore plus louable la négociation menée avec les utilisateurs du port qui amène à partager espaces de loisirs et espaces industriels. Les bobos à vélos passent sans chasser les camions et le fret fluvial.
    Un bel accord, par les temps qui courent où le principe de précaution nous gouverne.
    Ces petites victoires sont bonnes à prendre

    de Trudaine à Decaux ... lundi 2 juin 2014

    Comment a-t-on pu s’habituer à la production cartographique qui envahit nos villes, des comptoirs des offices du tourisme au panneau Decaux en passant par les écrans de nos ordinateurs et autre GPS.
    La ville se réduit à un organigramme, tout au plus l’expression d’un réseau.
    Quand beaucoup s’émeuvent des effets de l’appauvrissement du langage, pas une voix pour s’inquiéter de cette dégradation de la représentation des lieux dans lesquels nous évoluons.
    Beaucoup seront d’accord pour dire qu’une langue avec moins de mots ne peut plus permettre de construire une pensée complexe.
    De la même manière une cartographie avec moins de signes, moins de détails et moins de cohérence dans l’expression ne peut plus permettre de penser nos territoires.
    Au XVIIIème, les ingénieurs de Trudaine commençaient par cartographier le terrain avant d’intervenir dessus.
    Quand on admire aujourd’hui leurs cartes, on comprend pourquoi leurs projets se souciaient autrement qu’aujourd’hui des sites dans lesquels ils s’inscrivaient.

    le bruit de l’autoroute mercredi 23 avril 2014

    Le 23 avril 2014

    Lundi matin. Retour au parc du Sausset. J’aime cet endroit même si son petit côté pédagogique « la France en miniature » est un peu suranné.
    On marche de la grande forêt au bocage en passant par les vignes et les bords du lac « façon ville nouvelle ». Le parti est un peu kitsch mais la réalisation très réussie. Les « paysages type » [l’expression est de Corajoud ] se développent puissamment et permettent vraiment d’oublier un peu l’environnement de Villepinte.
    Oublier ce que les photos ne montrent pas : le bruit de l’autoroute 104 [ nb : encore une démonstration qu’il faut se méfier de l’image en matière d’urbanisme, qu’elle ne remplacera jamais l’expérience ]
    Le concours date de 1979. Il avait réuni la fine fleur des paysagistes français.
    Dans l’histoire de l’espace public c’est une date importante. Il marque le grand retour du parc dans la ville.
    Le seul souci c’est que le parc a grandi … mais qu’il n’y a toujours pas de ville autour. Les grands ensembles sont de l’autre côté de la voie rapide. Aucun habitant ne profite directement de cet immense parc . Un comble !
    Corajoud parlait de la géométrie de la campagne qui rencontrait celle de la ville !
    Sauf qu’ici, dans la banlieue, c’est la ville qui est sans géométrie : un assemblage de routes, de logements et « d’espaces verts » qui attendent de faire sens, ensemble.